Lever ses blocages pas à pas

Deux mois après la rédaction de mon dernier article, où en suis-je avec mes locaux professionnels ?

Pour rappel je me retrouvais bloquée avec des locaux professionnels trop grands, que je voulais louer pour amortir les charges mensuelles liées au remboursement de mon crédit. J’avais pensé profiter des bureaux vides pour créer un cabinet de soin pluri-disciplinaire et proposer à d’autres thérapeutes de me rejoindre dans cet espace. Or la situation n’avançait pas beaucoup malgré mes recherches.

C’est à ce moment-là, mi-février, que je m’étais lancée dans la rédaction du premier article de cette série sur les blocages que l’on peut rencontrer : Identifier ses blocages grâce à Newton.

Voici ce qui s’est passé depuis :

bonne idée, idée lumineuse

Juste après la publication de l’article, une collègue le lit sur facebook et m’appelle aussitôt. Elle découvrait mon blog et nous avons discuté agréablement un petit moment. C’est au cours de la conversation qu’elle me suggère de publier une annonce sur le forum spécialisé des psychologues, pour faire savoir que je dispose de bureaux libres.

1è et 2è vague d’annonces

Lors de la première diffusion d’annonces pour la location des bureaux, je n’avais eu beaucoup de résultats sans vraiment comprendre pourquoi car il y a peu de locaux disponibles dans le secteur, or je sais qu’il y a des professionnels qui en cherchent régulièrement.

Quelques mois après, courant janvier, je me suis à nouveau penchée sur le problème, et je me suis fait la remarque que mes photos n’étaient pas très vendeuses car les bureaux étant vides, les photos ne rendaient rien. Je me suis donc motivée pour aller acheter quelques meubles, de façon à pouvoir prendre des photos plus attractives. Cela permettait aussi de se rendre compte de l’espace de chaque bureau et de l’aménagement possible.

Je lance une nouvelle série d’annonces.

Problème n°1 : Aucun résultat à nouveau.

Je me retrouvais clairement dans la situation impossible de Newton où je voulais clairement avancer dans cette location, et pourtant rien ne bougeait. Je me heurtais à des murs invisibles.

Invisibles car non identifiés. Il est clair que quelque chose en moi résiste à ce projet. Je pense même plusieurs choses résistent compte tenu de l’ampleur des blocages. Aujourd’hui j’en identifie 3 :

  • la première serait la crainte de perdre la maîtrise de mon espace professionnel avec la nécessité de le partager. J’ai en effet acquis mes propres locau après avoir eu des mauvaises expériences de sous-location.
  • la seconde pourrait être la crainte de me trouver dans une situation inconfortable où je me retrouverais à gagner de l’argent en louant un espace à des collègues, dans une position donc dissymétrique dont je n’ai pas l’habitude. C’est un ressenti relativement infondé à partir du moment où le contrat est gagnant pour tout le monde, mais je sens qu’il persiste et qu’il est profondément ancré.
  • la troisième plus difficile à cerner et à maîtriser pourrait être la crainte de réussir. Plutôt paradoxal au premier abord. Mais qui serait en lien avec une anxiété diffuse à l’idée de réussir à faire aboutir ce projet, qui me permettrait d’avoir plus de temps libre en ayant moins à travailler pour couvrir mes charges. Je trouverais donc un nouvel équilibre si ces bureaux peuvent se trouver loués.

Voilà en tout cas au moins trois bonnes résistances qui expliquent les efforts à multiplier pour faire bouger ce projet.

1er déblocage de la situation

Entre-temps, disons depuis novembre, l’activité avait repris de façon très intensive et j’étais submergée parsurcharge de travail débordée les demandes de nouveaux patients voulant engager une psychothérapie. Je répondais favorablement à quelques-uns en fonction de mes disponibilités, mais très vite elles ont été saturées. Et je ne pouvais renvoyer les appels vers personne d’autre car mes collègues alentours étaient débordées également.

Problème n°2 : La situation est assez inconfortable au téléphone.

Problème n°3 : Je passe au moins une heure chaque semaine à répondre à ces appels.

C’est là que j’ai décidé de poster une annonce sur le forum des psychologues. Un(e) nouvelle collègue ne serait pas de trop dans le secteur, et cela résoudrait même le nouveau problème de toutes ces demandes à qui il faut répondre non sans autre solution à proposer.

Je passe donc cette fameuse nouvelle annonce sur le forum de la FFPP un dimanche soir. Ô surprise, le lundi matin j’ai trois appels de collègues très intéressés. Et je reçois environ 10 appels la première semaine et autant la suivante. Etonnant.

Je découvre alors qu’il y a de très nombreux collègues qui manquent de travail, qui ne trouvent pas de poste salarié, qui n’osent pas s’installer en libéral tout seul, ou qui sont installés mais n’ont pas beaucoup d’activité, et qui bien sûr sont intéressés par un local « clé en main » où tout tourne déjà.

Et je dois dire que cela a eu un effet miroir assez positif, car je prenais conscience soudainement de la valeur de ce que j’avais construit de mon côté, et dont je ne me rendais pas compte. Je m’étais lancée en libéral et j’avais cheminé, créant un espace de travail agréable, des bonnes relations avec les patients, des bons résultats aussi. Rien d’anormal car j’étais entourée de 4 à 5 collègues psychologues qui avaient suivi le même parcours en même temps.

Soudainement, je découvrais que c’était loin d’être le cas de la majorité des psychologues, et que nombreux étaient ceux qui ne vivaient pas de leur métier plusieurs années encore après leur diplôme, et je découvrais des collègues anxieux et insécurisés.

Cela a été un choc.

D’autant qu’après 4-5 mois d’annonces sans résultat, mon moral était plutôt terne et je commençais à me poser des questions. Je ressentais la situation comme une impasse difficile à vivre.

Or, je réalisai soudain que j’avais réussi de nombreuses choses que je sous-estimais.

Je passais donc de :

« Tu n’arrives à rien, tout est bloqué, ça ne marchera jamais »

à

« Regarde tout ce que tu as réussi ces dernière années, tu te rends compte, c’est déjà fantastique ! ».

J’ai donc passé les trois semaines suivantes à répondre aux appels, à rencontrer 7 à 8 personnes, et à convenir des modalités possibles de location avec deux
d’entre eux.

1er loyer

Le 15 avril je recevais le premier loyer. Objectif atteint !

signature de contrat

2 commentaires

  1. Antoine a dit:

    Bravo pour ton avancée sur ce projet!
    C’est vraiment étonnant de voir comment on peut sous estimer certaines réussites et croire que c’était facile alors qu’en fait beaucoup de gens ne vont pas jusque là.

    4 mai 2015
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    • Aclaire a dit:

      Merci, oui c’est une sorte de miroir qui permet de regarder la situation sous un autre angle. Ici c’était un miroir très positif par rapport à mes réalisations auquel je ne m’attendais pas.

      9 mai 2015
      Répondre

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