Se remettre au sport sans se faire violence

J’aimerais me remettre au sport, mais je n’ai pas le courage

Régulièrement pendant l’année, il nous arrive d’avoir un sursaut et l’envie de prendre de bonnes résolutions : se remettre au sport, manger plus équilibré, arrêter de fumer peut-être, passer plus de temps avec vos enfants, prendre davantage soin de vous, passer moins de temps devant la TV et lire davantage…

La liste de ce qui nous ferait du bien peut être longue. Hélas souvent ces envies pointent le bout de leur nez pour disparaître aussi rapidement qu’elles sont venues.

Si vous avez suivi mon défi footing sur la page Facebook d’Objectif Nouvelle Vie et celui précédemment qui m’a amenée à me baigner chaque matin en septembre dans l’océan, cela vous trotte peut-être dans la tête de reprendre du sport.

Vous avez été en effet plusieurs à m’écrire “j’aurais bien envie de me mettre moi aussi au footing, mais…”.

Et ce mais présage déjà de la suite. Trop d’obstacles se dressent entre vos envies et la possibilité de leur réalisation. trop de peurs, trop d’appréhension, trop d’inconfort en perspective vous freinent aussitôt et vous empêchent d’aller vers une vie plus saine et plus en accord avec ce que vous aimeriez profondément.

Or vous avez besoin d’enclencher cette bonne énergie qui va vous amener à reprendre la maîtrise de votre vie et faire les bons choix pour vous : ceux qui vont vous conduire à devenir cette homme ou cette femme qui se redresse et choisit activement sa vie, qui chasse ses auto-saboteurs, et accomplit ses rêves.

Mais alors, que se passe-t-il quand une bonne résolution pointe le bout de nez mais que l’on ne réussit pas à lui donner suffisamment de force pour la faire vivre ?

L’obstacle principal : une mauvaise expérience qui a laissé des traces

La plupart du temps, l’envie de se remettre au sport en particulier se heurte à une mémoire douloureuse.

Une partie de vous sait que ce serait bon pour vous de mettre en place cette nouvelle habitude et en a envie. On a tous spontanément envie de faire des choses bonnes pour soi.

Mais au moment où vous vous visualisez en train d’agir, de mettre vos chaussures, de sortir et d’aller courir par exemple, alors vous reviennent probablement des mauvais souvenirs.

Peut-être une expérience passée où vous avez voulu aller courir avec des amis et où vous avez été confronté au fait que leur niveau était plus élevé que le vôtre. Ou un souvenir du collège qui ne vous a pas laissé une empreinte très positive ni motivante pour recommencer aujourd’hui…

Vous comprenez ce qui se passe et la difficulté qu’il y a à surmonter pour changer une habitude ? Il vous faut aller contre une sensation corporelle ou émotionnelle désagréable…

Soit, vous avez eu mal physiquement pendant et après, et votre corps se rappelle encore des courbatures énormes qui sont apparues les jours suivants et de la difficulté que vous avez eu à aller au bout du parcours.

> C’est le blocage n°1 qui va toucher les femmes.

Soit, vous avez vécu la désagréable sensation d’être à la traîne par rapport aux autres et de subir une comparaison qui vous était défavorable : votre ego en a pris un coup et ne veut pas se retrouver confronté à nouveau à cette expérience cuisante.

> C’est le blocage n°1 de la majorité des hommes.

Vous n’êtes évidemment pas très motivé⋅e de revivre cette expérience pénible.

Le problème c’est que le fait de vous protéger de cette mémoire douloureuse vous empêche de prendre des bonnes résolutions pour votre santé et vous conduit à rester dans des habitudes toxiques à long terme.

Or, au fond, une autre partie de vous aimerait être cet homme ou cette femme actif⋅ve qui respire la santé et l’énergie, et qui réussit à mettre en place une auto-discipline bénéfique.

Alors comment surmonter cette phase désagréable du début, et y a-t-il des moyens de l’atténuer ?

Evidemment, OUI !

Elle est extrêmement simple à mettre en oeuvre, mais on en parle assez peu, et elle est surtout totalement contre-intuitive, vous allez voir pourquoi.

L’excès d’envie tue la bonne résolution

Qu’est-ce qu’il se passe quand vous décidez de vous remettre au sport en vous inscrivant à un cours collectif en salle de fitness ou que en rejoignant un groupe dans une association ? Vous y allez trois ou quatre fois et ensuite vous lâchez.

Pourquoi ?

Parce que vous arrivez en n’ayant pas fait de sport depuis longtemps, avec une condition physique plutôt basse, et que vous êtes accueillie par un coach ou un entraîneur qui vous pousse à tenir fort et longtemps : à aller dans le rouge immédiatement.

C’est trop dur !

Vous vous maltraitez en vous imposant ce rythme… Et votre corps va vous dire stop très violemment.

Pour peu que le groupe autour de vous soit composé d’habituées qui sont rodées, il n’y a qu’un pas pour que vous vous disiez que le problème vient de vous…

Vous êtes arrivé⋅e plein⋅e de motivation, et vous risquez de repartir démoralisé⋅e : je caricature un peu, mais pas tant que ça…

Peut-être que votre mental va vouloir s’accrocher, et vous pousser “dans le dur” encore quelque semaines, mais bientôt l’overdose va arriver et vous aller tout stopper. Pour peu qu’il fasse froid, que ce soit l’hiver et qu’il fasse nuit au moment où vous devez reprendre votre voiture pour y aller… Il faut une bonne dose de motivation – masochiste – pour continuer.

Absurde, non ?

C’est pourtant le régime imposé de toutes les structures sportives qui fonctionnent encore trop sous le diktat de la performance au détriment du processus et du rythme interne propre à chacun.

Chercher la performance, c’est bien, uniquement si vous êtes en zone de confort au départ.

Mais si vous êtes déjà hors de votre zone de confort en vous remettant au sport, il est absolument contre-productif d’ajouter en plus une recherche de performance. Ce que vous devez rechercher avant tout c’est d’instaurer une régularité. Ensuite vous pourrez viser l’amélioration de vos résultats.

Sortir de votre zone de confort Oui ! Mais faites-le intelligemment, sinon vous vous confronterez très vite à l’effet yo-yo… L’excès d’envie tue l’envie… et vous démoralise de surcroît.

C’est comme pour les régimes alimentaires restrictifs qui forcent votre corps : dans un premier temps ça marche, mais très vite l’effet yo-yo se manifeste. Et en prime vous reprenez quelques kilos de plus.

Quand je dis “intelligemment”, vous aurez compris que je veux dire dans le respect de vous-même et de votre rythme.

Les 3 règles pour sortir de sa zone de confort intelligemment… et tenir ses résolutions

Il y a 3 règles à suivre et elles sont simples :

1/ Modération.

2/ Modération

Et 3/ … Modération !

Quand vous prenez une bonne résolution et que vous démarrez, l’objectif n°1 est évidemment de tenir dans la durée.

Or, que se passe-t-il dans les faits ? Vous recherchez les résultats. Ceux que vous allez annoncer à vos amis, afficher sur votre page Facebook, etc. Mais vous partez trop vite, trop fort, et vous ne durez pas…

Soyez sage, et gardez en tête le proverbe :

“Qui veut aller loin ménage sa monture.”

En allant trop vite, vous confondez vitesse et précipitation.

Prenez un moment pour vous demander honnêtement pourquoi vous voulez aller vite. Qu’est-ce qui fait que vous ne pouvez pas viser un objectif modeste pour commencer ?

Personnellement je crois que l’on veut souvent aller trop vite parce que l’on n’accepte pas ce que l’on est à l’instant présent : on veut fuir cette image de soi que l’on n’aime pas.

Mais la nature, dans sa grande sagesse, et votre corps obéit à ses règles, vous ramène toujours vers ce que vous essayez de fuir, pour vous amener à vous réconcilier avec vous-même et à cicatriser vos blessures.

Amener des changements dans le respect et l’amour de soi

Vos bonnes résolutions doivent être prises dans l’amour de soi. Car finalement, ce qui nous pousse dans ces extrêmes sans prendre le temps nécessaire à l’acclimatation à ce nouveau régime, c’est la mauvaise image que l’on a de soi quand on commence.

On veut vite obtenir des résultats pour faire disparaître ces quelques kilos en trop que l’on ne supporte pas, pour faire apparaître quelques muscles ou se sentir plus léger et tonique.

Ce qui nous motive c’est le rejet de soi et l’envie d’être différent : en mieux !

On en vient facilement alors à maltraiter ce corps qui nous fait honte. On peut même décider de forcer la dose pour se punir du relâchement qui a pris le dessus ces derniers mois ou dernières années.

Seulement voilà, sans amour de soi, l’effet boomerang se met en place, et toute la violence faite à ce corps nous revient en face et nous fait lâcher. C’est trop dur, et dans le temps on ne peut heureusement pas tenir.

Vous n’avez pas besoin d’être plus ceci, ni d’être moins cela. Si vous apprenez à vous aimer tel⋅le que vous êtes aujourd’hui, et que vous traitez votre corps avec respect, il vous le rendra et vous prendrez très vite plaisir à courir ou à adopter n’importe quelle nouvelle habitude bonne pour vous !

Le secret pour tenir vos bonnes résolutions et adopter des habitudes saines dans votre quotidien, c’est d’opérer des changements avec respect de vous-même et amour.

Alors prenez soin de vous, et adoptez de nouvelles habitudes progressivement et en douceur !

4 Comments

  1. FROGER said:

    Merci Anne-Claire pour ce message simple et clair et pour tes conseils pleins de bienveillance et de bon sens. Effectivement, lors que l’on commence ou que l’on reprend une activité sportive après une longue interruption, on a la tentation immédiatement de vouloir reproduire les performances des autres ou ses performances passées en oubliant que le corps n’y est pas prêt. Il faut donc accepter de (re)partir en apprentissage, de respecter son corps et la nature pour, ensuite, être fier de son parcours !

    22 janvier 2019
    Reply
    • Anne-Claire FROGER said:

      Oui, ce n’est pas toujours facile d’accepter ce tempo du corps qui est parfois décalé du tempo de nos envies ! Cela peut être extrêmement frustrant. On aimerait accélérer sans se sentir limité par ce corps que l’on peut vivre comme un obstacle à nos réalisations.
      Mais c’est sage de l’écouter et de ralentir pour mieux accélérer ensuite. Et pouvoir célébrer ses victoires 🙂
      Je suis en train de terminer la rédaction d’un second article sur un sujet assez similaire qui s’intitulera probablement “la course aux résultats”. Il sera en ligne d’ici la fin de la semaine.
      Très bonne journée à toi et bonne reprise !

      22 janvier 2019
      Reply
  2. DIDIER said:

    Bonjour Anne Claire.
    Sympa cet article, plein de bon sens, et très parlant. Avec l’arrêt brutal de décembre 2017, j’ai du patiemment me remettre au sport, avec la gestion des hauts et des bas. Mon passé de sportif m’a aidé pour reprendre et accepter les efforts ( en écoutant mon corps…) . Mais quand j’étais capable de courir comme un cabris 40 kms et 2000 mètres de dénivelés en mai 2017, me retrouver à partir de janvier 2018 à marcher 1 à 2 kms , cela ne fut pas simple et même un choc…
    Grand sourire en lisant votre texte, et l’ego des hommes, et leur penchant pour la comparaison à l’autre….! ” celui qui pisse le plus loin…”
    Alors aujourd’hui, j’ai bien repris le sport, avec 3 à 4 fois par semaine des activités. C’est génial pour le corps et l’esprit.
    Amicalement Hervé

    23 janvier 2019
    Reply
    • Anne-Claire FROGER said:

      Bonjour Hervé, c’est certain que le choc a été rude et qu’il vous a fallu beaucoup de patience pour redémarrer au niveau où votre corps le permettait à ce moment-là. Mais cela paie et vous voilà maintenant sur des rails prometteurs grâce aux ressources que vous avez su mobiliser !
      L’ego est en effet l’obstacle n°1, avec la frustration, pour accepter ce nouveau rythme temporaire. Il a envie d’aller vite et fort, et de retrouver les sensations d’avant pour gommer les passages désagréables que l’on subit. Et ne pas le laisser prendre les commandes est loin d’être simple et demande beaucoup de sagesse et d’auto-discipline. Bravo à vous pour ce parcours dont vous pouvez être fier !
      Promis, je rédige un article très bientôt sur l’ego 😉 !

      23 janvier 2019
      Reply

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