Pourquoi le lâcher prise et l’acceptation ont été les choses les plus difficiles à faire dans ma vie

La colère stérile : une impasse et un poison émotionnel

La colère est l’émotion qui m’a le plus nourrie, mais aussi le plus empoisonnée durant une grande partie de ma vie :

  • Nourrie, parce qu’elle me permettait sur le moment de me tenir debout face aux adversités, parce qu’elle me donnait la force de continuer et de rebondir.
  • Mais aussi empoisonnée, parce que la colère est une émotion qui peut devenir toxique lorsqu’elle est teintée d’impuissance et d’amertume.

Aussi, je voudrais vous parler aujourd’hui des raisons pour lesquelles apprendre à calmer sa colère va vous permettre d’accéder à une paix intérieure bienfaisante.

La colère n’est en effet positive que lorsqu’elle est exprimée au bon endroit et sans agressivité. Elle permet alors de s’affirmer, de défendre un droit ou sa place, de relever une injustice.

Mais elle bascule dans la nocivité lorsqu’elle tourne en boucle à l’intérieur de soi et se transforme en rumination ou en rancune.

Et l’autre aspect problématique de la colère rumination, c’est que c’est une énergie qui va nécessairement attirer à elle le même type de vibrations.

> Cela veut dire que plus vous ruminez, plus vous allez attirer à vous des personnes ou des situations qui vont se comporter d’une façon qui va réactiver sans cesse vos ruminations.

C’est un engrenage infernal dans lequel vous pouvez vous retrouver prisonnier. Et plus vous luttez, pensant vous défendre contre l’extérieur qui vous agresse, plus vous l’alimentez…

Je me suis longtemps retrouvée impuissante face à ces situations qui se répétaient, sans comprendre comment je pouvais en sortir. L’injustice dans les situations que je rencontrais me révoltait, mais plus je réagissais, plus la situation s’aggravait, et plus je m’embourbais…

La vie ne cessait de m’envoyer des signaux me disant que je me trompais de voie, mais je ne parvenais pas à percevoir quel autre chemin était possible. Cet autre chemin à emprunter était en friche, recouvert de ronces, et invisibles pour mes yeux désespérés et embrumés par la colère.

A mon cabinet, il m’est arrivé d’accompagner des personnes qui vivaient des situations douloureuses et révoltantes, et plusieurs fois j’ai été surprise par leur réaction : elles m’expliquaient ne pas vouloir réagir par la colère, convaincues au plus profond d’elles que ce n’était pas la bonne voie.

A ce moment-là de ma vie, je ne comprenais pas bien ce qu’elles voulaient dire, pensant au départ qu’elles avaient des inhibitions à vivre leur émotion de colère. Mais je pressentais aussi qu’il y avait quelque chose d’important pour moi à comprendre dans ce qu’elles me disaient.

Evidemment, la Vie n’allait pas en rester là, et continuait sans relâche à me faire travailler.

Quand la colère se heurte à l’impuissance

La révélation est arrivée à l’occasion d’une énième frustration.

Quand j’ai vendu mon cabinet en 2017, la transaction a été longue et compliquée. Les acquéreurs avaient un problème avec leur banque qui demandait des examens poussés avant d’accepter de mettre en route l’assurance du prêt.

Les semaines passaient et ils m’ont demandé l’autorisation de pouvoir engager des travaux dans l’appartement avant leur emménagement, sachant qu’ils étaient tenus par la dédite donnée au propriétaire de l’appartement qu’ils louaient.

La relation avec eux étant plutôt cordiale, j’ai accepté de leur prêter les clés pour les travaux sans réaliser que je m’exposais à ce moment-là à des ennuis sur lesquels j’allais perdre définitivement le contrôle.

En effet, la date de signature définitive était sans cesse repoussée, et n’ayant plus de leurs nouvelles alors que leur dédite devait arriver à terme, j’ai commencé à nourrir quelques inquiétudes. Mais j’avais quitté la France quelques mois plus tôt, et c’était devenu compliqué d’obtenir des informations concrètes depuis l’étranger.

J’ai alors commencé à multiplier les coups de fil et, n’ayant pas de réponse, j’ai tenté d’obtenir de récupérer les clés, en vain.

Mon notaire était débordé et difficile à joindre. Les acquéreurs ne répondaient pas à mes appels. Et l’agent immobilier m’assurait que tout allait bien et qu’il fallait simplement patienter.

Pas convaincue par cette conversation, une petite voix en moi s’agitait de plus en plus, et l’affolement me gagnait. J’ai finalement contacté mon ancienne voisine pour lui demander des informations sur ce qu’il se passait dans mon appartement. Et elle m’a répondu étonnée ce que je soupçonnais depuis un moment : les acquéreurs avaient emménagé il y avait un peu plus d’un mois.

Ils avaient donc rendu les clés de l’appartement qu’ils louaient et vivaient dans mon appartement à mes frais depuis des semaines…

Je payais de mon côté les mensualités de crédit, la taxe foncière, les charges de copropriété, ainsi que l’eau et l’électricité qu’ils consommaient, alors que cet hiver en France avait été particulièrement froid. De leur côté, ayant rendu leur appartement, ils n’avaient plus aucun loyer ni frais quelconque.

Une fois démasqués, ils ont fini par me rappeler et reconnaître les faits, m’expliquant qu’ils n’avaient pas eu d’autre choix, sachant que mon notaire les avaient poussés à cette extrémité en refusant d’accepter de signer sans toutes les pièces nécessaires…

Les documents ayant justement fini par être rassemblés, la date de signature a pu être fixée, et les notaires ont joué l’apaisement. Je n’ai jamais pu obtenir que le acquéreurs de mon appartement concèdent une quelconque indemnisation pour toute cette période. Ils ne se sentaient tout simplement ni coupables, ni en dette. Ils n’avaient pas eu d’autre choix, se répétaient-ils.

J’étais furieuse… contre eux, mais aussi contre moi-même de m’être laissée ainsi abuser.

Inutile de dire qu’il ne fallait pas m’approcher de trop près à cette période, et que ma colère menaçait de ressortir à la moindre occasion, d’autant que notre changement de vie, même s’il était positif, réactivait des crises à de multiples niveaux.

La Lumière au bout du tunnel

Pourtant, cet événement a été salvateur, et aujourd’hui je peux remercier cette famille indélicate pour son comportement, parce que la situation m’a obligée à chercher à nouveau de l’aide pour gérer émotionnellement cette situation qui me débordait.

Et c’est à ce moment-là qu’Aurore, la coach qui m’accompagnait, et que je ne remercierait jamais assez pour la lumière qu’elle m’a apportée, m’a suggéré de lâcher prise et de ne pas nourrir plus longtemps des griefs qui étaient stériles et nuisaient surtout à moi-même.

En gros, elle me demandait de signer le chèque et de payer l’addition sans broncher pour ces deux mois de squat… pour pouvoir m’en libérer et passer à autre chose.

J’ai d’abord failli m’étrangler et lui raccrocher au nez. Mais elle s’attendait à ma réaction et m’a fait un clin d’œil… Par ailleurs j’avais suffisamment de respect pour elle et sa vision des choses pour me poser et prendre sérieusement en considération sa suggestion avant de la balayer du revers de la main…

Cette conversation-là a été un autre déclic important de ma vie, et là aussi, l’espace d’un instant j’ai entraperçu une lumière devant moi et j’ai ressenti une immense paix intérieure. Mais tout n’était pas joué pour autant…

Rassurer son ego et cesser d’être dirigé par la peur

Quand je me suis retrouvée quelques temps après face à moi-même, la sagesse de son conseil s’était un peu estompée et la colère refaisait surface, elle n’allait pas se laisser dompter si facilement.

Il m’a fallu rappeler Aurore plusieurs fois pour ancrer en moi la sagesse de ce changement de réaction, et guider mon ego qui s’affolait à l’idée de laisser courir l’injustice de la situation sans chercher à lutter.

C’était une remise en question complète de ma façon de réagir depuis 40 ans. Un saut dans l’inconnu et dans la peur.

Renoncer à ma colère, c’était enlever toutes les barrières qui me protégeaient jusqu’à maintenant, et me retrouver nue et vulnérable face à des dangers effrayants. On allait pouvoir me piétiner sans scrupules…

En réalité, si j’étais honnête, c’était déjà le cas, et ma carapace ne me protégeait de rien du tout.

En revanche, ma colère me coûtait cher émotionnellement. Elle m’empoisonnait, la situation était jouée et je ne pouvais plus y remédier, et à côté de cela elle m’empêchait d’être disponible et apaisée pour mes projets du moment.

C’était uniquement la peur de me retrouver vulnérable sans ma colère protectrice qui m’empêchait de lâcher prise.

Mais j’ai suivi son conseil, et j’ai signé la vente en l’état.

Trouver la paix et la force en soi

La colère et les ruminations ne se sont pas envolées illico, et d’autres sources de contrariété sont apparues pour me faire appliquer encore et encore la même stratégie : lâcher prise, accepter, et comprendre que mon intégrité se situe en moi-même et ne dépend pas des événements extérieurs.

J’ai alors longuement médité sur les paroles de Gandhi qui disait :

Personne ne peut me faire du mal sans ma permission.

Mahatma Gandhi

J’avais du mal au début à en comprendre le sens. Mais peu à peu, là aussi la Lumière est arrivée. J’ai fini par comprendre d’une part que ces abus survenaient parce que je leur ouvrais la porte en ne me positionnant pas assez fermement ; d’autre part que l’important n’est pas la façon dont les autres agissent, mais la façon dont je me laisse affecter ou non par leurs choix.

Préoccupée que j’étais par mon besoin de justice, je courrais après une chimère : que chaque actions préjudiciable soit nommée et réparée.

En réalité, j’ai découvert qu’il n’y a nul besoin que tout soit juste à l’extérieur pour pouvoir se sentir en paix intérieurement. On peut être en paix même si l’extérieur est agité, et même si l’on vit ou si l’on est témoin de comportements qui portent préjudices aux autres.

Tant que l’on est soi-même en guerre contre les injustices, aucune paix intérieure ne peut s’installer.

Toutes ces situations conflictuelles dans ma vie survenaient pour me faire prendre conscience que je me trompais dans mon positionnement. Il me fallait accepter les autres tels qu’ils étaient, sans prendre de façon personnelle leur attitude.

Aurore m’avait d’ailleurs rétorqué que leurs comportements étaient seulement le reflet de leur niveau de conscience à cet instant présent. Et peu à peu toutes ces pièces de puzzle s’assemblaient en moi, et le bout du tunnel commençait à apparaître.

J’ai compris que tous ces “tests” de la vie me conduisaient :

  • d’une part à me redresser et à assumer une position plus affirmée et active dans ma vie, en écoutant le message que m’envoyait mon intuition face à quelqu’un ou dans une situation donnée avant de prendre une décision,
  • et d’autre part à recevoir toute injustice ou comportement blessant à mon égard comme le signal que j’avais encore des choses à travailler et à accepter sans me rigidifier.

Tout ceci m’amenait à guérir des blessures anciennes et toujours non totalement cicatrisées concernant mon estime de moi et mes relations aux autres.

Et aussi à me pardonner toutes mes imperfections et le temps qui m’était nécessaire pour intégrer tous ces apprentissages.

Aussi, si vous aussi vous sentez que vous avez une colère familière qui revient sans cesse, si certaines situations vous placent dans l’impuissance et vous font ruminer, vous avez certainement besoin de réussir à lâcher prise sur les événements extérieurs et trouver la paix en vous.

Ces affirmations inspirées par Louise Hay vous aideront certainement, ainsi que la méditation guidée “Apaiser sa colère et trouver la paix” :

Je relâche toute tension.

Je libère toute crainte.

Je libère toute colère et toute culpabilité.

Je libère toute tristesse.

Je m’aime et je me pardonne ce qui arrive et me blesse encore.

Je fais de mon mieux, et tout ce qui arrive est parfait et doit arriver pour me faire cheminer.

Je prends conscience chaque jour davantage que l’attitude des autres ne concerne qu’eux, leurs propres peurs et manque d’amour dans l’instant présent pour eux-même.

Je choisis maintenant de me libérer de toute pensée négative et toxique dans ma vie.

Je suis en sécurité en toute situation.

Je m’aime sincèrement et profondément et j’accepte de lâcher prise.

méditation guidée apaiser sa colère et trouver la paix

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