Renoncer à tout contrôler : la voie du lâcher-prise

Dans certaines situations, l’égo s’oppose au lâcher-prise, et accepter de ne pas tout contrôler peut s’avérer épineux.

Peut-être avez-vous du mal à déléguer certaines tâches à vos salariés par exemple, ou à accepter les choix de vos enfants concernant leurs études, leurs amis etc. ?

A la maison, vous réagissez peut-être quand votre conjoint ne range pas la vaisselle “là où il faut”. Ou encore avez-vous remarqué que votre père a une certaine idée du bricolage et de la “bonne manière” de procéder.

Ou encore, vous êtes infopreneur, et vous consacrez un temps important à revoir tous les détails de votre formation ou le montage de vos vidéos.

Qu’est-ce qui fait que l’on a du mal à lâcher prise et à ne pas vouloir tout contrôler ?

vouloir tout contrôler dans son entreprise

Qu’est-ce qui empêche de lâcher prise ?

Parfois, c’est le sentiment s’insécurité qui empêche de lâcher prise : vous pouvez avoir l’impression que vos enfants ne réagissent pas comme ils le devraient face à une situation et vous avez peur des conséquences à long terme pour eux. Vous êtes alors être tenté d’intervenir.

Dans votre entreprise, vous pouvez redouter les conséquences des erreurs de vos collaborateurs, et avoir du mal à leur faire confiance et donc à déléguer. Résultat, vous êtes au four et au moulin, débordé, et vous vous rendez compte que vous manquez de temps pour réfléchir à la stratégie à long terme, que vous êtes isolé et manquez de recul sur ce que vous faites.

Chaque fois que votre besoin de sécurité l’emporte et que vous reculez devant ce que vous savez devoir faire mais qui vous effraie, vous vous tranquillisez sur le moment, mais ce répit a un prix, j’en parle plus longuement dans cet autre article, ici.

Aujourd’hui, nous allons voir pourquoi l’ego est souvent, lui aussi, un frein et peut vous poser un certain nombre de problèmes au quotidien.

Ne pas lâcher prise peut en effet trouver sa source dans le refus de renoncer à tout contrôler. C’est une forme de “toute-puissance” : une volonté que tout se passe comme vous l’avez décidé.

C’est en fait refuser que les choses vous échappent et que le monde puisse fonctionner différemment de vos désirs. C’est imposer vos vues aux autres et attendre qu’ils soient d’accord. Vous l’aurez compris, c’est une forme d’intolérance à la différence de point de vue : le message latent étant “mon point de vue est meilleur que le tien”, “j’ai raison”.

Renoncer à cette volonté de contrôle et accepter de lâcher prise, c’est faire le deuil que tout fonctionne à notre manière, de la façon dont on l’a prévu. C’est renoncer à vouloir faire entrer les autres dans ce que nous avons décidé.

Mais pas si facile de lâcher son ego !

Revenons sur l’exemple d’un événement professionnel pour comprendre comment vous pouvez progressivement trouver des clés pour réussir à lâcher prise.

Accepter la situation et lâcher son ego

Vous avez sans doute déjà entendu des amis ou des collègues formuler des critiques vis-à-vis de l’organisation d’un séminaire auquel ils avaient participé : le déroulement de la journée était mal pensé, la musique trop forte, les intervenants mal choisis, etc. Avec l’idée sous-jacente que s’ils s’en étaient occupés, cela aurait été mieux « fait ».

C’est sur la base de leurs propres critères que ces jugements sont énoncés : c’était bien ou ce n’était pas bien, selon eux. Ce dont il est question, en fait, c’est de leurs propres goûts, de leurs envies, de leurs besoins.

Ce sont donc des critères subjectifs qui entrent en compte. Quelqu’un d’autre interrogé aura peut-être trouvé la musique parfaite, mais va critiquer les horaires, ou le lieu où il se déroule.

Chacun juge selon son idéal, selon ses valeurs, selon ses goûts et les transforme en vérité absolue.

Pour les participants, lâcher prise concernant son ego signifie profiter de l’événement : accepter que tout ne soit pas organisé comme ils l’auraient souhaité, mais réussir à percevoir et apprécier tout le positif qui était présent.

C’est accepter les imperfections éventuelles, accepter la personnalité des autres, leur propre style, accepter d’entrer dans leur monde, et orienter son regard sur le positif en laissant de côté vos envies de “râler”.

En effet, comme Christine Lewicki le développe dans son livre à succès “J’arrête de râler”, ces ruminations sont toxiques, et réussir à vous en libérer vous rend nettement plus heureux et change le cours de votre vie. Il s’agit de changer de lunettes et de découvrir le monde sous un autre jour, débarrassé de cette couche de grisaille qui pollue votre quotidien et vos relations aux autres.

acceptation et gratitude

Vous pouvez même aller plus loin, et chercher pour quel aspect de la situation présente vous pouvez ressentir de la gratitude. C’est alors prendre le contre-pied du négatif : au contraire, vous allez vous focaliser sur ce que la situation vous apporte et en quoi vous pouvez être heureux de ce que vous recevez en étant là.

C’est observer les qualités de celui qui vous reçoit et le remercier de ce qu’il vous offre.

Avec vos associés, sortir de la rumination et des critiques peut commencer par percevoir leurs qualités au-delà de ces défauts insupportables qui vous sautent aux yeux en ce moment.

C’est évidemment un changement de posture radical et vous sentirez sans doute des résistances au premier abord pour lâcher vos ressentis négatifs et accepter de vous ouvrir au positif de la situation, mais si vous y parvenez, vous serez surpris des transformations que cela va opérer en vous.

Équilibrer Yin et Yang en vous

Il s’agira aussi pour vous de comprendre ce que cette relation vient toucher profondément en vous. Si vous rencontrez régulièrement des gens qui vous contrarient, c’est sans doute pour vous faire accepter de changer de positionnement.

Si vous avez tendance à être un peu dictatorial avec les autres, et à vouloir les faire entrer dans vos plans, il est normal que vous rencontriez des situations de crispation : la vie vous envoie des grains de sable qui viennent gripper vos rouages.

Pourquoi ? Parce que vous êtes dans un mode Yang probablement excessif, vous avez l’habitude de passer en force et de développer de la colère quand quelque chose vous résiste. Or cette colère est toxique, et vous avez besoin d’apprendre à vous assouplir.

lâcher prise et renoncer à vouloir contrôler les autres

Développer cette capacité vous permettra de faire des bonds aussi bien dans vos résultats professionnels que dans votre vie personnelle.

Parce qu’en étant trop centré sur vous, vous passez à côté de la richesse que les autres peuvent vous apporter. Vous avez besoin de vous ouvrir et de vous adoucir en laissant entrer ce qui peut vous nourrir de l’extérieur.

Certes, vous avez probablement souvent raison, mais pas toujours. Et vous avez besoin d’écouter les voix divergentes qui peuvent s’exprimer. Elles vous feront entrevoir un autre point de vue à côté duquel vous étiez en train de passer.

Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin !

Renoncer à la perfection

Si l’on revient à l’exemple du séminaire, du côté des organisateurs, le lâcher prise va être bénéfique pour eux quand ils pourront renoncer à ce que tout le monde soit comblé, ou heureux. Il s’agit de réussir à accepter que certaines personnes formulent des critiques.

C’est aussi faire le deuil d’un événement parfait, pouvoir accepter les imprévus et les ratés qui se seront déroulés au cours la journée, et les prendre avec légèreté et avec le sourire.

C’est la même chose avec vos clients ou votre famille : accepter les critiques, les points de vue différents des autres, l’incompréhension peut-être, ou l’ingratitude, sans que cela ne vous affecte plus que de raison.

Faire ce qui vous semble juste sur le moment et accepter les réactions extérieures.

>> Réussir à lâcher prise et à accepter les choses telles qu’elles sont :

  • sans chercher à les améliorer,
  • sans être prisonnier de la performance à tout prix,
  • sans concevoir de l’amertume quand les autres ne vont pas dans votre sens ou vous critiquent,

va vous permettre d’accéder à une paix intérieure et à un relâchement bienfaisant, et vous pourrez profiter du moment présent, sans pensée parasite.

Mais vous verrez que cela va vous apporter également un sentiment de sécurité profond. Vous ne serez plus sur le qui-vive, inquiet de ce qui pourrait dévier de votre cahier des charges, ni stressé par le regard que les autres pourront porter sur vous ou vos réalisations.

Dans vos relations aux autres, ce même lâcher prise va détendre les relations puisque chacun va retrouver sa liberté et son propre arbitre.

Or, plus on se sent libre, plus on peut accepter les choix des autres ; moins on se sent jugé et sous pression, moins on juge les autres et moins on leur met de pression.

C’est là un cercle vertueux qui s’instaure.

Vous le voyez, l’ego qui empêche de lâcher prise est étroitement lié à votre regard critique : sur vous et sur les autres. Et les personnes en face de vous qui ont besoin de tout contrôler dans une situation sont eux aussi prisonniers de leurs propres négativité.

A partir du moment où vous vous ouvrez à la vie, à vous-même et aux autres, et où vous acceptez ce qui est, simplement, avec sagesse, alors une vie d’abondance et d’apaisement commence pour vous.

gratitude

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