La pression du groupe sur vos décisions

Ce matin, je regardais l’émission Xenius sur Arte, qui s’intéressait à l’influence du groupe sur l’individu. Des expériences sont menés à ce sujet pour découvrir comment l’avis des autres vient modifier nos propres décisions.

Se ranger à l’avis du groupe

Dans le première expérience menée, on présente une boîte transparente contenant des haricots secs à des étudiants du campus d’Aix en Provence, et on leur pose la question suivante : « Combien y a-t-il, d’après vous, d’haricots dans cette boîte ? » L’expérience se déroule en 3 étapes.

Dans la première, 6 étudiants sont interrogés individuellement au hasard dans les allées, sur le mode micro-trottoir. La moyenne des réponses données est de 52.

Puis dans la seconde étape, 6 nouveaux étudiants sont interrogés, mais cette fois-ci ils entrent un par un dans la salle et doivent écrire au tableau leur estimation du nombre de haricots. Ils voient tous les nombres donnés par les étudiants passés avant eux. La moyenne des réponses données sous une première influence du groupe est alors de 80.

Enfin, dans la troisième et dernière étape de l’expérience, la chercheuse modifie les estimations inscrites au tableau par les 6 étudiants, et les remplacent par des nombres variant tous entre 200 et 210, ce qui laisse penser qu’il y a un consensus groupal, très peu de divergence d’opinion.

L’expérience continue alors et 3 nouveaux étudiants entrent un par un avec la même consigne : « Inscrivez au tableau votre estimation du nombre de haricots présents dans cette boîte. »

Les étudiants observent les nombres déjà inscrits et inscrivent alors au tableau leur estimation : en moyenne 128.

Les 3 derniers étudiants interrogés ensuite expliquent que le nombre 200 leur paraissait impossible, mais qu’ils ont été troublés par l’avis du groupe et ont cherché un compromis entre leur propre avis et celui du groupe.

seul face au groupe
Photo Geralt

La protection du groupe

Les chercheurs expliquent ce phénomène par le fait que le groupe représente une forme de protection, et que prendre une position différente de la majorité risquerait de nous en faire rejeter et de nous isoler, nous rendant ainsi beaucoup plus vulnérable.

Se conformer à l’avis du groupe est ainsi une forme de sécurité.

Ce choix peut se faire consciemment, comme dans le cas des étudiants interrogés plus haut qui reconnaissent qu’ils ont modifié leur avis pour prendre en compte celui des autres. Mais ce peut être aussi inconscient, comme dans cette deuxième expérience où, dans la rue, 3 comédiens feignent d’apercevoir un serpent grimpant dans un arbre…

Un attroupement se produit, tout le monde cherchant à apercevoir ce serpent. Et au bout de quelques minutes les passants disent le voir également et montrent à leur voisin sur quelle branche celui-ci se trouve dans l’arbre !

Le cerveau finit par voir ce que les autres voient. Dans la savane, si on ne voit pas de lion, mais que d’autres le voient, mieux vaut prendre ses jambes à son cou sans attendre. On se fie donc au jugement des autres en supposant qu’ils ont des informations que nous n’avons pas.

Pour nos ancêtres, cela pouvait être une question de survie que de ne pas se retrouver isolé. C’est toujours le cas pour nous quand nous sommes de jeunes enfants, complètement dépendants. Se retrouver seul, ou rejeté, nous mettrait dans un danger grave. Nous développons donc des compétences pour imiter et créer du lien avec les autres.

Un reflet de notre estime de nous-même

la comparaison atteint l'estime de soi
Photo NLshop

On évite aussi de se démarquer du groupe si on se met à imaginer que les autres ont des compétences que nous n’avons pas, et que c’est ce qui leur permet de voir ce serpent que je ne vois pas. Les autres le voient mais pas moi. Suis-je moins doué… moins malin… moins réactif… moins etc. ?

Se ranger à l’avis du groupe c’est donc aussi ne pas se démarquer et risquer la comparaison qui pourrait être à mon désavantage. 

A ce sujet je vous parlerai dans un prochain article de l’expérience menée sur la notion « d’impuissance acquise » où il est question aussi de comparaison avec les autres et de la façon dont cela peut atteindre l’estime de soi et donc la confiance en soi.

Appartenir à un groupe est donc une nécessité vitale et un besoin émotionnel, nous ne sommes pas faits pour vivre seuls. Mais quand l’influence que les autres ont sur nous est trop élevée, c’est notre opinion personnelle, notre avis, et donc au bout du compte notre valeur qui se trouve remise en cause, diminuée.

Et c’est là un sujet de préoccupation partagé : comment s’affirmer et oser donner son point de vue, sans craindre la réaction des autres ?

Suivez les prochaines publications car je vous prépare un ebook sur le sujet…

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